
La chirurgie d'affirmation de genre ne désigne pas une opération précise, mais un ensemble d'opérations. Elle comprend la chirurgie génitale, aussi appelée chirurgie de réattribution sexuelle, c'est-à-dire des opérations comme la vaginoplastie, la métoidioplastie et la phalloplastie. Elle comprend aussi la chirurgie du torse, du visage et de la voix. Ce guide porte surtout sur la chirurgie génitale : ce qu'il faut préparer avant de partir, ce qui vous attend à l'hôpital, et les soins qui se poursuivent après votre retour chez vous. Les consignes écrites de votre chirurgien passent toujours en premier.
Si vous prévoyez une chirurgie du torse ou du visage, le guide du patient pour la chirurgie plastique couvre la préparation générale. Pour la chirurgie de la voix, reportez-vous au guide du patient pour la chirurgie de la voix.
L'essentiel de la préparation à une chirurgie d'affirmation de genre se fait avant le départ, et une partie prend des mois. Commencez ces démarches dès que vous envisagez une opération, et non au moment de la réserver.
Pour les femmes trans, la chirurgie génitale est en général une vaginoplastie, avec ou sans canal vaginal, ou une intervention plus limitée comme une orchidectomie. Pour les hommes trans, il s'agit d'une métoidioplastie ou d'une phalloplastie, et la phalloplastie se fait généralement en plusieurs temps, ce qui oblige souvent à revenir sur place. Avant de réserver quoi que ce soit, convenez par écrit avec votre chirurgien de l'opération, de la technique, des temps opératoires et de ce qui se passe si une reprise est nécessaire.
Si de la peau sert à tapisser le canal vaginal, cette peau doit être définitivement épilée avant l'opération. Les poils déplacés à l'intérieur continuent d'y pousser, et les retirer ensuite est difficile. L'électrolyse ou le laser demandent de nombreuses séances étalées sur des mois. Dès la première consultation, demandez quelle zone doit être traitée, quelle méthode le chirurgien accepte et pour quand l'épilation doit être terminée. Si vous prévoyez une phalloplastie avec allongement urétral, demandez si la peau du site donneur doit elle aussi être épilée. L'épilation n'est en général pas comprise dans le prix de l'opération.
Les opérations qui retirent les testicules ou les ovaires mettent définitivement fin à la possibilité d'avoir des enfants biologiques. Si vous n'excluez pas d'avoir des enfants, la conservation de sperme, d'ovocytes ou d'embryons doit se faire avant l'opération, et le traitement hormonal peut déjà avoir réduit votre fertilité. Parlez-en dès que possible au médecin qui vous prescrit vos hormones, même si vous ne voulez absolument pas d'enfants.
N'arrêtez pas et ne modifiez pas vos hormones de vous-même. Certains chirurgiens demandent de suspendre ou d'ajuster le traitement hormonal autour de l'opération, d'autres non. Demandez à votre chirurgien ce qu'il souhaite, obtenez la réponse par écrit et transmettez-la au médecin qui vous prescrit vos hormones.
Les exigences varient selon les chirurgiens, les cliniques et les pays, et elles évoluent. Demandez par écrit à la clinique quels documents elle exige, de quels professionnels, dans quelle langue, et s'ils doivent être traduits ou authentifiés. Obtenez la réponse avant de verser un acompte.
Ce qu'exige votre propre pays pour modifier vos documents officiels est une autre question, avec ses propres règles. Se faire opérer à l'étranger ne met rien à jour automatiquement chez vous : renseignez-vous avant de partir.
Le tabac réduit l'afflux de sang vers les tissus qui cicatrisent et augmente le risque d'échec des lambeaux et des greffes. Arrêtez bien avant l'opération et ne reprenez pas pendant la cicatrisation. Demandez à votre chirurgien quand vous devez arrêter, et si cela concerne aussi les patchs, les gommes à la nicotine et le vapotage.
Beaucoup de problèmes après une chirurgie génitale apparaissent dans les semaines qui suivent le retour, c'est-à-dire au moment où votre chirurgien est loin de vous. Trouvez chez vous un médecin qui accepte, à l'avance, de vous voir après l'opération. Convenez avec la clinique de la façon de la joindre, de son délai de réponse et de qui répond en dehors des horaires. Prévoyez un endroit pour récupérer et quelqu'un pour vous aider.
La chirurgie génitale d'affirmation de genre se fait sous anesthésie générale, et vous restez à l'hôpital au lieu de partir directement à l'hôtel. Une préparation intestinale et l'arrêt de certains médicaments sont en général nécessaires les jours précédents, et votre chirurgien vous dira précisément quoi faire. Attendez-vous au début à une sonde, des drains et des pansements ou une mèche, et à une mobilité limitée les premiers jours. Il est normal d'avoir le moral bas pendant un temps après une opération de cette ampleur. Cela ne veut pas dire que vous avez pris la mauvaise décision.
Ce sont les soins après l'opération qui décident du résultat. Pour certaines opérations, ils durent toute la vie : sachez ce qu'ils impliquent avant de vous engager.
Si votre vaginoplastie crée un canal, vous dilaterez toute votre vie. C'est fréquent au début puis de plus en plus espacé, mais cela ne s'arrête jamais complètement. Si vous arrêtez, le canal se rétrécit et la profondeur peut être perdue définitivement. Demandez le protocole par écrit avant de partir, et soyez honnête avec vous-même sur sa compatibilité avec votre vie. Une vaginoplastie sans profondeur, c'est-à-dire sans canal, ne demande aucune dilatation et constitue un choix raisonnable à part entière.
Vous rentrez chez vous avec une sonde pendant un temps, puis vous apprenez comment fonctionne votre nouvel urètre. Un jet qui faiblit, qui s'éparpille ou qui a du mal à démarrer peut signaler un rétrécissement appelé sténose : prévenez votre chirurgien sans attendre. Les soins du site donneur, et les éventuels temps opératoires suivants, s'étalent sur une longue période.
Pour savoir ce que comprend chaque opération, quels en sont les risques et comment choisir un chirurgien, consultez nos pages sur la chirurgie génitale d'affirmation de genre en Turquie et en Thaïlande.