
La chirurgie de la voix modifie la hauteur de votre voix parlée en intervenant sur les cordes vocales. Ce guide couvre la chirurgie de féminisation de la voix, qui élève la hauteur, et la chirurgie de masculinisation de la voix, qui l'abaisse. Il porte surtout sur la féminisation. Pour les hommes trans, la testostérone rend en général la voix plus grave d'elle-même, et la chirurgie n'est habituellement envisagée que si le traitement hormonal ne l'a pas assez abaissée.
La chirurgie change la hauteur, et rien d'autre. La résonance, l'intonation et les habitudes de parole viennent de l'orthophonie, et c'est pourquoi l'orthophonie fait partie du parcours, avant comme après une opération.
Se préparer à une chirurgie de la voix, c'est surtout faire de l'orthophonie et organiser une période pendant laquelle vous ne pourrez pas parler.
La plupart des chirurgiens qui pratiquent ces opérations veulent voir un travail orthophonique avant d'opérer. Les hormones n'élèvent pas la hauteur d'une voix adulte : pour la féminisation de la voix, l'orthophonie et la chirurgie sont donc les seules voies possibles. L'orthophonie vous montre quelle part de votre objectif vous pouvez atteindre sans opération, et pour certaines personnes, c'est la totalité. Elle apporte aussi le travail de résonance et d'intonation que la chirurgie ne peut pas faire.
Si vous partez à l'étranger pour l'opération, l'orthophonie doit se poursuivre ensuite dans la langue que vous parlez au quotidien, semaine après semaine, pendant des mois. Trouvez un orthophoniste près de chez vous et réservez vos premières séances d'après l'opération avant d'acheter votre billet d'avion.
Commencez par la testostérone, pas par la chirurgie. Chez la plupart des hommes trans, la testostérone épaissit les cordes vocales et abaisse la voix d'elle-même, et ce changement, lorsqu'il est acquis, ne s'inverse pas si les hormones sont arrêtées. Laissez-lui le temps d'agir, travaillez avec un orthophoniste pendant ce temps, et jugez seulement ensuite si la chirurgie a encore quelque chose à apporter. Opérer avant que votre voix ait fini d'évoluer, c'est opérer sur une cible mouvante.
La chirurgie est en général envisagée quand votre voix n'évolue plus et reste plus aiguë que vous ne le souhaitez, ou quand vous ne pouvez pas prendre de testostérone ou avez choisi de ne pas en prendre. Demandez au chirurgien depuis combien de temps il veut que vous preniez de la testostérone avant d'envisager l'opération, et considérez comme un signal d'alerte une clinique qui ne pose aucune question sur les hormones.
Un phoniatre examine vos cordes vocales à l'endoscope, enregistre et mesure votre voix, et vous demande comment vous voulez qu'elle sonne et ce que l'orthophonie a déjà apporté. Demandez une copie de cet enregistrement, et enregistrez-vous aussi chez vous. C'est votre point de référence pour juger le résultat plus tard.
Il existe plusieurs techniques. La glottoplastie de Wendler, l'approximation cricothyroïdienne et la laryngoplastie de féminisation élèvent la hauteur, et la thyroplastie de relaxation l'abaisse. Certaines passent par la bouche et ne laissent pas de cicatrice visible, d'autres par une incision au cou. Demandez quelle technique le chirurgien propose et pourquoi celle-là, et convenez-en par écrit plutôt que dans une conversation de messagerie.
La réduction de la pomme d'Adam rend celle-ci moins saillante. Elle change la forme du cou, pas le son de la voix, et c'est une opération distincte, avec son propre devis.
L'acide gastrique qui remonte jusqu'au larynx gêne la cicatrisation : faites donc traiter un reflux avant l'opération, au lieu de le masquer avec un comprimé de temps en temps. Arrêtez de fumer bien avant l'opération et ne reprenez pas pendant la cicatrisation.
La première phase de la récupération est un repos vocal complet. Demandez à votre chirurgien combien de temps il dure et quand vous pourrez prendre l'avion, et obtenez ces réponses par écrit avant de réserver votre retour. Prévenez les personnes avec qui vous vivez et votre employeur, et mettez en place un moyen de communiquer sans parler.
La plupart des chirurgies de la voix se font sous anesthésie générale. Les techniques endoscopiques passent par la bouche et ne laissent pas de cicatrice visible. Les techniques ouvertes se font par une incision au cou. Pour certaines opérations qui abaissent la hauteur, le chirurgien peut vous demander d'émettre des sons pendant l'intervention afin de juger la hauteur, et une partie peut alors se faire sous sédation plutôt qu'en anesthésie générale. Demandez combien de temps durera l'hospitalisation et si elle figure dans votre devis. Le premier contrôle de votre voix a lieu avant votre vol retour.
Le repos vocal est la partie de la récupération qui décide du résultat, et beaucoup de gens le sous-estiment.
Le suivi après une chirurgie de la voix consiste surtout à écouter et mesurer votre voix pendant des mois, ce qui peut se faire à distance si la clinique le propose. Convenez de qui s'en charge, dans quelle langue, et de la façon de joindre cette personne si quelque chose change, par exemple un enrouement qui s'aggrave au lieu de s'atténuer ou une douleur en avalant. En cas de difficulté à respirer, quelle qu'elle soit, demandez immédiatement une aide médicale là où vous vous trouvez.
Pour les techniques, les risques et le choix d'un chirurgien, consultez nos pages sur la chirurgie de féminisation de la voix en Turquie et la chirurgie de masculinisation de la voix en Turquie. Si vous prévoyez aussi une chirurgie génitale, du torse ou du visage, consultez le guide du patient pour la chirurgie d'affirmation de genre.